La Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a annoncé le départ anticipé de sa cheffe, Mme Bintou Keita, désormais prévu pour la fin du mois de novembre 2025. Ce départ, initialement programmé pour février 2026, intervient à la suite d’une décision personnelle de la diplomate guinéenne, selon un communiqué interne consulté par plusieurs médias internationaux.
Dans cette note, la Mission précise qu’aucune procédure disciplinaire ni enquête administrative ne vise Mme Keita, soulignant ainsi le caractère strictement personnel de son départ. « Les Nations Unies demeurent attachées à leurs principes de neutralité et d’indépendance dans la conduite de leurs opérations en République démocratique du Congo », indique le texte. Cette clarification intervient dans un contexte où les activités de la MONUSCO font régulièrement l’objet de critiques et de spéculations, notamment sur son rôle dans la stabilisation de l’Est congolais.
Pour garantir la continuité des opérations sur le terrain, une direction intérimaire a été mise en place. Elle sera assurée par les deux Représentants spéciaux adjoints : l’un en charge de la Protection et des Opérations, et l’autre responsable de la Coordination résidente et humanitaire. Cette équipe intérimaire assurera la gestion de la Mission jusqu’à la nomination officielle d’un nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies.
Arrivée à la tête de la MONUSCO en 2021, Bintou Keita a dirigé la Mission durant l’une des périodes les plus complexes de sa présence en RDC. Elle a accompagné le processus de retrait progressif de la Mission, amorcé à la demande du gouvernement congolais, tout en faisant face à la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, où sévissent encore de nombreux groupes armés. Sous son mandat, la MONUSCO a également dû gérer les tensions avec certaines communautés locales réclamant un départ plus rapide des troupes onusiennes.
Malgré ces défis, Mme Keita a souvent défendu la coopération entre Kinshasa et les Nations Unies, insistant sur la nécessité d’un retrait « responsable et coordonné » de la Mission, afin d’éviter un vide sécuritaire. Son départ intervient à un moment charnière, alors que le processus de désengagement onusien se poursuit et que la RDC prépare la transition vers une présence onusienne plus légère, centrée sur le soutien institutionnel et humanitaire.
L’ONU, de son côté, a réaffirmé son engagement à soutenir le peuple congolais dans ses efforts de paix, de sécurité et de développement durable. La désignation du successeur de Bintou Keita, attendue dans les semaines à venir, sera déterminante pour la suite de cette transition délicate.
Avec ce départ anticipé, une nouvelle page s’ouvre pour la MONUSCO, l’une des plus anciennes et plus coûteuses missions de maintien de la paix au monde, présente en République démocratique du Congo depuis plus de deux décennies.
JOEL NDEWASA N’LANDU





