Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi, est arrivé à Paris ce vendredi 23 janvier 2026, quelques jours après sa participation à la 56ᵉ réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos en Suisse, pour un déjeuner de travail avec son homologue français, Emmanuel Macron, prévu à 13h00 à l’Élysée.
Un entretien attendu au sommet
Cette rencontre bilatérale intervient dans un contexte diplomatique et sécuritaire particulièrement sensible pour la RDC et la région des Grands Lacs. Selon les communiqués officiels, les échanges porteront sur les relations bilatérales entre Kinshasa et Paris, mais aussi sur les principaux défis régionaux, notamment la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
La RDC est confrontée depuis plusieurs mois à une crise persistante dans ses provinces orientales, marquée par la présence du mouvement rebelle M23 et des accusations de soutien de Kigali envers ce groupe armé. Cette crise a donné lieu à une mobilisation internationale, avec de multiples initiatives diplomatiques pour tenter de ramener la paix dans la région.
Un contexte régional complexe
Paris s’est impliquée de longue date dans les efforts de médiation autour du conflit dans les Grands Lacs. Lors de la conférence de Paris du 30 octobre 2025, Emmanuel Macron avait co-présidé une réunion internationale en vue de mobiliser un soutien politique et financier pour la paix et l’assistance humanitaire dans l’Est congolais, où des centaines de milliers de personnes sont déplacées et confrontées à une insécurité alimentaire dramatique. Cette conférence avait permis d’engager plus de 1,5 milliard d’euros d’aide, dont une partie significative était déjà décaissée pour des actions d’urgence.
Dans ce cadre, Paris appelle régulièrement au respect des accords de paix, notamment ceux de Washington et de Doha, qui définissent des étapes clés pour la cessation des hostilités et le retrait des forces étrangères du territoire congolais.
Des attentes fortes de part et d’autre
Pour Kinshasa, cette visite à Paris est l’occasion de renforcer les liens diplomatiques avec l’un de ses partenaires majeurs, mais aussi d’obtenir un soutien accru sur le plan politique et dans les instances internationales pour faire face aux défis sécuritaires, humanitaires et géopolitiques. Selon plusieurs analystes, la RDC espère que Paris plaidera auprès de ses partenaires pour une approche coordonnée qui protège mieux sa souveraineté et favorise la stabilisation durable.
Du côté français, la rencontre s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large visant à promouvoir la paix et la sécurité en Afrique centrale, tout en consolidant les relations bilatérales avec la RDC dans les domaines économique, culturel et sécuritaire. La France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, cherche à maintenir un rôle actif dans les processus de paix régionaux.
Un dialogue international en mouvement
La rencontre entre Tshisekedi et Macron survient également après une série d’initiatives multilatérales récentes, dont une réunion de haut niveau à Lomé le 17 janvier, qui visait à harmoniser les efforts diplomatiques pour la paix dans l’Est de la RDC. La France avait apporté son soutien à cette initiative menée par Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine pour le processus de paix.
Le contexte sécuritaire, marqué par les tensions entre la RDC, le Rwanda et des groupes armés comme le M23, reste une priorité des discussions internationales. Des réunions antérieures à Paris avaient parfois rencontré des difficultés, y compris des sommets avortés entre les dirigeants de la région, mais elles ont mis en lumière l’importance de la diplomatie multilatérale pour trouver des solutions durables.
NDEWASA NLANDU JOËL






