La situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo continue de s’envenimer, avec un risque croissant d’internationalisation du conflit. Alors que les affrontements se poursuivent entre la rébellion de l’AFC/M23 et les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par leurs alliés dans la province du Sud-Kivu, les tensions diplomatiques entre le Rwanda et le Burundi ont franchi un nouveau cap. Le gouvernement burundais a accusé lundi Kigali d’avoir mené des attaques directes sur son territoire ainsi que contre ses troupes engagées en soutien à Kinshasa.
Face au corps diplomatique réuni à Gitega, le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a dénoncé avec fermeté ce qu’il qualifie « d’actes d’agression » provenant du Rwanda, pays largement accusé par des rapports internationaux d’apporter un soutien militaire au mouvement rebelle AFC/M23. Selon lui, ces attaques se seraient produites sur plusieurs positions burundaises, tant sur le territoire du Burundi que sur le sol congolais.
Les attaques continuent sur des positions burundaises et sur des positions congolaises. Le Burundi ne va pas tolérer des actes qui remettraient en cause sa sécurité. Nous avons prévenu le Rwanda par rapport aux attaques qui ont touché notre territoire. Si cela se répète, le Burundi a le droit de poursuite », a déclaré M. Bizimana.
Il a précisé que trois bombes auraient été larguées sur le territoire burundais, blessant deux civils, une femme et un enfant.
Le chef de la diplomatie burundaise a également affirmé que les troupes burundaises engagées au Sud-Kivu dans le cadre d’un accord bilatéral avec Kinshasa avaient été ciblées. Ces forces opèrent notamment contre les groupes armés Red Tabara et AFC/M23, identifiés comme des menaces majeures pour la stabilité régionale.
Dès le 2 décembre, le Rwanda a commencé par attaquer les premières positions des troupes burundaises présentes sur le territoire congolais sur invitation des autorités congolaises. Ils ont aussi utilisé des drones et largué des bombes dans plusieurs secteurs sous notre responsabilité , a-t-il accusé.
Selon lui, ces actes s’inscrivent dans une dynamique inquiétante, rappelant que « déjà avant la signature de l’accord avec la RDC, le Rwanda avait renforcé ses positions à la frontière avec le Congo et avec le Burundi ». Ces propos renforcent les inquiétudes exprimées par plusieurs observateurs régionaux quant à l’escalade entre les deux pays voisins, dont les relations diplomatiques se sont dégradées ces dernières années.
Ce n’est pas la première fois que Bujumbura pointe du doigt Kigali. Vendredi dernier, des tirs venus de la RDC avaient déjà touché la province burundaise de Cibitoke, un incident immédiatement attribué à des actions liées au conflit en cours.
L’implication directe et indirecte du Rwanda et du Burundi dans la guerre à l’est de la RDC suscite des craintes quant à une possible extension du conflit au-delà des frontières congolaises. Alors que le Rwanda est accusé de soutenir activement l’AFC/M23, le Burundi, allié militaire de Kinshasa, combat désormais aux côtés des FARDC. Une confrontation ouverte entre les deux pays représenterait un risque majeur pour toute la région des Grands Lacs.
JOEL NDEWASA NLANDU






