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RDC : le PPRD rejette sa suspension et dénonce un « acharnement politique »

Kinshasa, 27 octobre 2025 – Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) monte au créneau après sa suspension par le ministère de l’Intérieur. Moins de 24 heures après l’annonce de cette mesure, Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du parti fondé par l’ancien président Joseph Kabila, a dénoncé ce lundi une décision « illégale, arbitraire et politiquement motivée ».

Face à la presse, Shadary a fustigé une « tentative de musèlement » du principal parti de l’opposition issue de l’ancien régime. « Nos activités vont continuer dans le strict respect des lois de la République et de la Constitution. Cette suspension ne nous engage pas, elle ne nous concerne pas », a-t-il déclaré, visiblement déterminé à ignorer la décision signée par le vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani.

« Un pouvoir en perte de repères »

Dans un ton offensif, le dirigeant du PPRD a accusé le gouvernement de dérive autoritaire. « Le pouvoir en place a perdu la pédale. Il s’enfonce dans l’illégalité la plus totale. Tout est fait dans la précipitation et sans transparence », a martelé Shadary, affirmant n’avoir jamais reçu copie officielle de l’arrêté ministériel.
Selon lui, cette suspension, annoncée sans base légale, est une pure opération de communication. « Si cet arrêté existe réellement, nous ne l’avons jamais vu. C’est donc du fake news. Ce gouvernement agit dans la confusion et l’amateurisme », a-t-il ajouté.

Une récidive dénoncée

Le PPRD souligne qu’il s’agit de la deuxième fois que ses activités sont suspendues depuis 2023, dans un contexte de tensions politiques accrues. « C’est la deuxième suspension, tout aussi illégale que la première. Ce pouvoir est aux abois. Il essaie de museler le PPRD parce qu’il sait que nous restons une force politique qui fait peur », a poursuivi Shadary.
Avec ironie, il a rappelé les contradictions du pouvoir en place : « Ils ont dit que le PPRD n’existait plus. Alors, que suspend-on ? C’est paradoxal. »

Le PPRD reste sur le terrain

Malgré la mesure gouvernementale, le parti de Joseph Kabila ne compte pas se retirer de la scène politique. Emmanuel Ramazani Shadary a affirmé que les activités se poursuivront « dans le respect des lois de la République ».
« Nous sommes un parti responsable, organisé et fidèle à la démocratie. Cette suspension est un aveu d’échec du régime actuel, qui ne supporte pas la contradiction », a-t-il ajouté, dénonçant « un acharnement politique manifeste ».

Un bras de fer qui s’intensifie

Cette nouvelle confrontation illustre la tension persistante entre le pouvoir de Félix Tshisekedi et l’ancien parti présidentiel, toujours influent dans plusieurs provinces.
Tandis que le ministère de l’Intérieur assure avoir agi conformément à la loi, pour des raisons d’ordre public et d’encadrement des partis politiques, le PPRD, lui, y voit une manœuvre visant à étouffer la pluralité politique.

Dans un climat politique déjà électrique, cette affaire risque d’envenimer davantage les relations entre le gouvernement et les forces issues de l’ancien régime. Le bras de fer entre le PPRD et le pouvoir en place ne fait visiblement que commencer.

NDEWASA N’LANDU JOEL

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