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Assemblée nationale : après la chute de Kamerhe, Crispin Mbindule brigue le perchoir

Beni, 24 octobre 2025 – La bataille pour la présidence de l’Assemblée nationale s’anime à Kinshasa. Le député national Crispin Mbindule Mitono, élu de Butembo (Nord-Kivu), a officiellement déposé sa candidature pour succéder à Vital Kamerhe, démissionnaire à la suite d’accusations de mauvaise gestion. L’annonce a été faite ce vendredi 24 octobre, confirmant ainsi l’entrée en lice de celui qui fut à la tête de la fronde parlementaire contre l’ancien président de la Chambre basse.

« Nous avons mené une lutte pour rétablir la crédibilité de notre institution. Kamerhe n’assumait plus pleinement ses responsabilités. Aujourd’hui, les députés signataires de la pétition m’ont demandé de porter leur voix », a déclaré Crispin Mbindule, déterminé à prolonger son combat pour la transparence et la redevabilité au sein du Parlement.

Fidèle à son ton direct et sans détour, l’élu du Nord-Kivu, membre de l’Union sacrée de la Nation, revendique une démarche fondée sur la rigueur et le service public. « Je me présente pour servir, non pour régner », a-t-il insisté, avant d’ajouter qu’il entend « restaurer la discipline et la rigueur » dans une institution souvent critiquée pour ses dérives.

Fort de trois mandats successifs, Mbindule fait partie des figures parlementaires les plus expérimentées de sa génération. Son nom est étroitement lié à la pétition qui a provoqué la chute de Vital Kamerhe, une initiative jugée courageuse par ses partisans et opportuniste par ses détracteurs. Mais pour lui, l’enjeu dépasse les querelles politiques : il s’agit d’ouvrir, selon ses mots, « une nouvelle ère de responsabilité et de respect des règles ».

Refusant toute récupération régionale, le député de Butembo s’est montré ferme : « Je ne suis pas le candidat de l’Est, mais celui de la République. Le perchoir n’appartient à aucune région. Nous devons choisir un président sur base de la compétence, pas de l’origine. »

Malgré ce discours d’unité, plusieurs analystes politiques voient en Mbindule un représentant influent de l’Est, une région qui cherche depuis longtemps à renforcer son poids politique à Kinshasa. Sa constance dans les débats parlementaires, son combat contre la corruption et son refus de compromission en font, selon certains observateurs, un profil crédible pour incarner un tournant à la tête de l’Assemblée nationale.

Ses partisans, eux, ne tarissent pas d’éloges. Pour eux, Mbindule est « l’homme de la situation », capable de rassembler les députés autour d’un projet de modernisation du travail parlementaire et de redéfinition du rôle du législatif dans le contrôle de l’action gouvernementale.

En attendant la convocation officielle du scrutin interne qui désignera le successeur de Vital Kamerhe, les tractations se multiplient dans les couloirs du Palais du peuple. Alliances, promesses et stratégies se dessinent dans l’ombre, mais Crispin Mbindule semble confiant. L’ancien frondeur, aujourd’hui en quête d’un consensus national, entend franchir une nouvelle étape de sa carrière politique et replacer l’Assemblée nationale au centre du jeu institutionnel congolais.

NDEWASA N’LANDU JOEL

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