Des drames silencieux se multiplient dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, où des corps sans vie provenant des carrières minières de Nyangue et Misisi sont transportés à motos vers Bukavu. Cependant, en raison de l’insécurité persistante dans la zone, ces dépouilles n’atteignent souvent pas leur destination. Elles sont inhumées précipitamment en cours de route, loin de leurs familles et sans les derniers hommages coutumiers, a appris lundi l’ACP de source locale.
Cette pratique, imposée par la peur des attaques armées et des embuscades, choque profondément les communautés locales. « Ces enterrements réalisés en dehors des proches sont une atteinte aux traditions et une grande douleur pour les familles. Quand un corps est rapatrié, c’est pour lui offrir des funérailles dignes de son rang, entouré de ses proches et amis », a dénoncé Justin Habakuki, défenseur des droits humains au Sud-Kivu.
Selon lui, cette situation illustre la gravité de l’insécurité dans la région minière de Fizi, où de nombreuses familles se retrouvent privées du droit de dire adieu à leurs défunts. Un contexte qui alimente l’inquiétude et fragilise encore davantage le tissu social déjà éprouvé par des années de violences.
JOEL NDEWASA






